Histoire
Le site de Lapeyrouse (dont le nom pourrait dériver du toponyme occitan la peirosa, ou « lieu pierreux ») est un site ancien, même si la légende qui s’est forgée au XIXe siècle d’un sanctuaire druidique et de la présence d’un dolmen n’est plus aujourd’hui défendue. L’église primitive est le résultat de l’évangélisation à partir de Moissac des coteaux du Quercy ; elle apparaît dans les sources au XIe siècle comme appartenant à l’abbaye, située dans la forêt de Francor. Elle est unie par la suite au prieuré de Bénas, puis à celui de Lunel, tous deux dépendant de l’abbaye. Puis, au début du XVIIe siècle, on la retrouve comme annexe de l’église paroissiale Saint-Georges de Lafrançaise, perdant peu à peu son influence jusqu’à n’être qu’une simple chapelle vicariale.
Jugée d’allure trop modeste et menaçant ruine, elle est entièrement reconstruite en deux ans, entre 1877 et 1879, par la volonté du l’abbé Deffargues, curé de Lafrançaise. Le nouveau sanctuaire est construit en style romano-byzantin, style très en vogue à la fin du XIXe siècle, notamment sous l’influence de la nouvelle église du Sacré-Cœur de Montmartre. Il est l’œuvre de l’architecte toulousain Gabriel Bréfeil qui à l’exception de ce sanctuaire n’avait construit d’église qu’en style néo-gothique qu’il affectionnait. Ce monument est ainsi unique par son style en Tarn-et-Garonne, et est inscrit depuis 1992 à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques. Il conserve aujourd’hui l’allure de son époque de construction, à l’exception de la coupole qui surmontait le pylône détruit en 1881 par un violent orage.
C’est également le lieu d’un grand pèlerinage marial, chaque année, le lundi de Pentecôte. Cette dévotion est notamment destinée à attirer la protection de la Vierge sur les enfants.
Mobilier religieux
Saint Pierre (XVIII°siècle)
à l'origine en bois doré
Vierge à l'enfant (XVIII°)
bois doré
Saint Paul (XVIII°siècle)
à l'origine en bois doré
Architecture
Juchée sur son promontoire à 1,5 km au nord-ouest du bourg de Lafrançaise, la chapelle domine la vallée du Lamboulas et le village de Lunel.
L’édifice construit en briques et recouvert d’ardoises et de tuiles mécaniques, est de plan massé, avec une nef carrée dotée à chaque angle d’un pylône et sur chaque côté une grande arcade. L'ensemble supporte le tambour ajouré de douze baies, sur laquelle repose la coupole ellipsoïdale qui culmine à 23 mètres de hauteur. Une courte travée voûtée en berceau prolonge dans le sens de l’axe, de chaque côté, cette nef. Elle est prolongée, du côté du chevet, par une abside semi-circulaire en cul-de-four. A droite et à gauche de la nef, on trouve deux petites salles dont l’une servant de sacristie. A chaque angle, des pylônes sont couronnés de poivrières ; l’un d’eux, plus massif, a la forme d’un minaret.
L’intérieur est décoré de peintures murales réalisées en 1891, date qui apparaît au-dessus de la porte menant à la sacristie. Elles sont l’œuvre du peintre montricounais Louis Cazottes et représentent des scènes bibliques. La scène principale est une Assomption de la Vierge représentée sur le cul-de-four de l’abside, encadrée par des Apôtres ; on y trouve également une représentation de sept anges à mi-corps en médaillon, dont un présente la nouvelle église. Enfin trois anges et saint Michel combattant le dragon sont peints sur des trumeaux de l’abside.